Processus & Organisation

Protection des données dans le salon de coiffure : bien protéger les données clients

Protection des données dans le salon : quelles bases légales s'appliquent et comment mettre en œuvre le RGPD au quotidien.

La protection des données dans le salon de coiffure va bien au-delà d’une simple politique de confidentialité sur le site internet. Le simple fichier de rendez-vous avec nom, numéro de téléphone et notes de traitement contient déjà des données à caractère personnel et relève donc pleinement du RGPD. En cas de manquement, des amendes pouvant atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel sont possibles ; un regard structuré sur ses propres processus est donc utile.

Cet article montre quelles données un salon traite généralement et quand un consentement est réellement nécessaire. Il montre également comment mettre en œuvre les principales obligations du RGPD au quotidien avec un effort raisonnable, et complète ainsi l’article Obligations légales dans le salon, consacré à l’hygiène et à la sécurité au travail.

Protection des données dans le salon de coiffure : quatre piliers, de la base légale au délai de suppression
Base légale, documentation, mesures techniques et délais de suppression forment ensemble le socle.

Protection des données dans le salon : quelles données sont traitées au quotidien

Bureau d'accueil du salon avec ordinateur portable et documents clients
Une bonne gestion des données clients commence à l’accueil.

Un seul rendez-vous client regroupe déjà plusieurs catégories de données : nom, numéro de téléphone ou adresse e-mail, rendez-vous et données de paiement font partie de l’équipement de base de toute gestion des rendez-vous. S’y ajoutent souvent des notes de traitement sur les allergies, les intolérances ou l’état du cuir chevelu — sur le plan juridique, ce type d’informations de santé relève des catégories de données particulièrement protégées au sens de l’article 9 du RGPD.

Le personnel est également concerné : les contrats de travail, les fiches de paie et les plannings contiennent eux aussi des données à caractère personnel. Toute personne prévoyant des photos avant/après pour les réseaux sociaux traite en outre des données d’image, qui nécessitent leur propre base légale.

Protection des données dans le salon : quand un consentement est réellement nécessaire

Contrairement à ce que pensent de nombreux salons, tout traitement de données ne nécessite pas un consentement spécifique. Pour la gestion des rendez-vous, l’exécution du contrat au sens de l’article 6, paragraphe 1, point b du RGPD suffit généralement, le nom et les coordonnées étant nécessaires à la prestation. L’obligation fiscale d’enregistrement individuel constitue en outre une obligation légale servant de base juridique pour les tickets de caisse. Pour la publicité directe concernant ses propres prestations, un intérêt légitime suffit souvent, tant que les clients peuvent s’y opposer à tout moment.

Type de donnéeBase légale habituelleConsentement nécessaire ?
Nom, téléphone, rendez-vousExécution du contratNon
Ticket de caisse, données de facturationObligation légaleNon
Publicité directe par courrierIntérêt légitimeNon, opposition possible
E-mail ou SMS publicitaireConsentementOui
Photos clients publiéesConsentementOui

Un consentement explicite reste en revanche obligatoire dans trois cas : la publication de photos ou vidéos permettant d’identifier une personne, la publicité électronique par e-mail ou SMS, ainsi que la collecte ciblée de données de santé étendues allant au-delà du traitement lui-même. Des formulaires de consentement trop larges créent d’ailleurs plutôt des risques supplémentaires qu’ils ne protègent.

Tenir le registre des activités de traitement

L’article 30 du RGPD exige un registre écrit de toutes les activités de traitement. Celui-ci doit au minimum comprendre la finalité du traitement, les catégories de personnes et de données concernées, les destinataires internes et externes, les délais de suppression prévus ainsi que les mesures techniques et organisationnelles de sécurité. Les petites entreprises de moins de 250 salariés en sont certes en principe exemptées — mais cette exception ne s’applique qu’en cas de traitement purement occasionnel, sans catégories particulières de données.

Les salons traitant régulièrement des données clients et incluant souvent des informations de santé comme les allergies, cette exception ne s’applique généralement pas en pratique. Une fois mis en place, un tel registre demande ensuite peu d’entretien, uniquement des mises à jour lorsque le logiciel ou les processus changent.

Sous-traitance pour le système de caisse, la prise de rendez-vous et les services cloud

Dès qu’un prestataire externe traite des données clients pour le compte du salon — par exemple le système de caisse, un logiciel de prise de rendez-vous ou une sauvegarde cloud —, l’article 28 du RGPD impose un contrat de sous-traitance (AVV). Les prestataires sérieux le mettent généralement à disposition automatiquement dans l’espace client ou sur demande ; un salon devrait le vérifier et l’archiver avant toute utilisation effective. L’article La prise de rendez-vous en ligne dans le salon détaille ce sur quoi devrait globalement se fonder le choix du bon logiciel.

Mesures techniques et organisationnelles au quotidien dans le salon

Ce sont souvent des mesures de protection concrètes qui comptent le plus au quotidien, davantage que n’importe quel formulaire. Cela comprend un accès au système de caisse protégé par mot de passe, un écran non visible pour la clientèle en attente, ainsi que des armoires fermant à clé pour les fiches clients papier. Les salons devraient en outre limiter clairement les droits d’accès aux seules personnes réellement concernées et changer régulièrement les mots de passe.

Délais de suppression et droits d’accès en un coup d’œil

Deux logiques de délais s’appliquent en parallèle : les documents pertinents sur le plan fiscal, comme les factures et tickets de caisse, doivent généralement être conservés huit à dix ans selon le code fiscal allemand. Toutes les autres données — par exemple les notes de traitement d’anciens clients sans contact ultérieur — devraient en revanche être supprimées dès que la finalité initiale disparaît. Un ordre de grandeur pour les données clients inactives sans lien fiscal se situe entre deux et trois ans, sauf autre motif justifiant une conservation plus longue.

Les clientes et clients peuvent en outre demander à tout moment des informations sur leurs données enregistrées, faire corriger des données erronées ou en demander la suppression. Une exception ne s’applique que si une obligation légale de conservation s’y oppose. Les salons disposent généralement d’un délai d’un mois pour répondre, et un interlocuteur désigné au sein de l’équipe accélère sensiblement le traitement de telles demandes.

Délégué à la protection des données : à partir de quand un salon en a besoin

Une obligation de désigner un délégué à la protection des données ne naît actuellement qu’à partir du moment où au moins 20 personnes dans le salon accèdent régulièrement, de façon automatisée, à des données à caractère personnel. Cela comprend la gérante ou le gérant, le personnel à temps plein et à temps partiel ainsi que les apprentis ayant accès aux données. Le personnel sans accès aux données, comme un service de nettoyage externe, n’est pas comptabilisé. La grande majorité des salons reste ainsi nettement en dessous de ce seuil. Une proposition politique envisage de supprimer cette obligation d’ici fin 2026. Aucune loi concrète n’existe toutefois à ce jour, si bien que la réglementation actuelle reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Bien signaler les violations de données

Si un ordinateur portable contenant des données clients est perdu ou si une personne accède sans autorisation au système de caisse, l’article 33 du RGPD s’applique généralement. Il impose en règle générale une notification à l’autorité de contrôle compétente dans un délai de 72 heures. Le salon informe en outre directement les clientes et clients concernés en cas de risque élevé pour leurs droits, par exemple en cas de vol de données de paiement. Une courte check-list interne avec la procédure de signalement et un interlocuteur désigné permet de gagner un temps précieux en cas d’urgence.

Conclusion : la protection des données dans le salon de coiffure comme partie de l’organisation quotidienne

La protection des données dans le salon de coiffure peut être mise en œuvre de façon pratique grâce à des bases légales claires, un registre des activités de traitement bien tenu et quelques mesures techniques de base. Mettre en place ces éléments une bonne fois pour toutes réduit à la fois le risque d’amende et l’effort nécessaire pour traiter les demandes ultérieures des clients. Des informations complémentaires pour les petites et moyennes entreprises sont disponibles auprès de la déléguée régionale à la protection des données de Saxe-Anhalt.

Remarque

Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou financier individuel.

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